La Princesse et la Grenouille
n’a pas brillé aux USA. Portant péniblement son compteur de recettes en fin
d’exploitation à une - petite et laborieuse -
centaine de millions de dollars,
le film, censé fêter en grandes pompes le retour de Disney à l’animation 2D,
n’est pas, en effet, parvenu à créer l’évènement outre-Atlantique. Le public
américain a ainsi littéralement boudé l’invitation faite par les studios de
Mickey de renouer avec ses fondamentaux : le conte de princesse, l’animation
traditionnelle et le film musical. Rien n’y a fait : ni la présence de la toute
première princesse noire de l’histoire de Disney, ni la fibre patriotique la
localisant sur le territoire même des Etats-Unis ! Les familles américaines sont
ainsi restées majoritairement de marbre (les adolescents passant carrément leur
chemin !) tandis que les fans ont, eux, assuré le service minimum, ne comprenant
pas
visiblement la teneur de l’enjeu.

Méprisée par les siens (mais pas seulement puisque les Italiens et les
Allemands ont également ignoré son film !), Tiana reçoit alors un soutien aussi
fort qu’inattendu. La France, qui décidément ne fait jamais les choses comme les
autres, offre, en effet, à la belle une jolie revanche. Elle lui sert même sur
un plateau l’honneur de détrôner, pour sa première semaine d’exploitation,
Avatar de la plus haute marche du podium hebdomadaire. Avec 876 083 spectateurs en 7 jours, Tiana et Naveen réussissent ainsi le pari de déplacer les foules...
Comment Disney France est-elle parvenue à réussir dans l’hexagone ce que la
maison-mère ou d’autres filiales européennes ont raté chez elles ?
Le succès de la filiale française de Disney dans sa gestion de la sortie de La Princesse et la Grenouille prend des airs de véritable cas d’école. La campagne
marketing, qu’elle a orchestrée autour du film a, en effet, été habilement
calquée sur le lancement d’une fusée larguant, les uns après les autres, ses différents étages pour
être sûre d'atteindre
sa cible - en l’espèce, toucher tous les publics susceptibles d’être réceptifs au
film.
Lire la suite...