Date de sortie USA : Le 23 décembre 1987 (sortie limitée) Le 15 janvier 1988 (sortie générale)
Réalisé par : Barry Levinson
Musique : Alex North
Durée : 119 minutes
A Saïgon, en 1965, le D.J. Adrian Cronauer est affecté à la station radiophonique locale des forces armées américaines avec, pour mission ,de proposer, chaque matin, aux soldats postés en Asie du Sud-est, un programme conventionnel destiné à entretenir le moral des troupes. Mais la hiérarchie militaire n'a visiblement pas pris la mesure de l'énergie et l'humour de la nouvelle recrue.
Le verbe haut et l'insolence souriante, Adrian bouleverse en effet les plans de tous en déversant à l'antenne, dès sa première prestation, un flot de rocks tonitruants, de sketches graveleux et de faux bulletins d'information...
Selon les
voeux de son - alors - nouveau président (Michael Eisner), en poste, il est
vrai, depuis à peine deux ans, le label Touchstone doit permettre à la
Walt Disney Company, de proposer au public des productions plus
adultes. Hors de question, en effet, de faire supporter à la signature Disney
des films autres que familiaux. Les quelques tests effectués dans ce sens (Les Yeux de la Forêt,
La Foire des
Ténèbres) sont, en effet, autant d'échecs commerciaux. Le
spectateur lambda n'est incontestablement pas prêt à accorder, au label de
Mickey, autre chose que l'ambition d'une production accessible à toute la
famille. Fort d'un second label, les studios Disney peuvent, désormais, se
permettre d'aller là où on ne les attend pas. Ils s'aventurent ainsi dans des
films plus adultes aux discours élaborés, pour lesquels ils recherchent
d'ailleurs un haut niveau de qualité. Rien d'étonnant, dès lors, à voir le
catalogue du label Touchstone naissant s'inscrire dans la politique initiée par Michael Eisner
: il accumule, il est vrai, les succès commerciaux et critiques à l'image de
(Le) Clochard de Beverly Hills,
Y'a-t-il Quelqu'un Pour
Tuer ma Femme ? ou
La Couleur de l'Argent). Good Morning Vietnam
ne fait, à l'évidence, pas exception à la règle.
Pour la première fois, la firme de Mickey s'attaque au sujet ultra sensible pour
le public américain de la guerre du Vietnam. Barry Levinson signe, en effet,
pour elle, un film ambitieux qui prend le parti de dénoncer les atrocités du
conflit par le biais de l'humour et de la légèreté. Et Dieu sait que cet
exercice est particulièrement périlleux tant le risque de tomber, ici dans le
pathétique et là, dans le grotesque, est grand. Mais le réalisateur sait
visiblement où il veut conduire le spectateur et ne tombe jamais dans le travers
du genre. Il est vrai qu'il peut, pour cela, compter sur l'immense talent de Robin Williams,
servant, pour son véritable premier grand rôle au cinéma, un exercice d'acteur
exceptionnel. Ce dernier renoue d'ailleurs ici avec Disney, huit ans après avoir
tenu l'affiche d'une adaptation approximative de
Popeye,
en coproductionavec la Paramount. Mais, cette fois-ci, sa présence crève
littéralement l'écran. Passant, avec une facilité déconcertante, d'une
prestation drôle à souhait à un jeu dramatique rare, il marque, à
l'évidence, par son aptitude à la bivalence. Le film n'aurait sans doute
pas cette force si le casting avait été différent. Robin Williams renouvellera
l'exploit deux ans plus tard, toujours chez Touchstone, en signant le
long-métrage, assurément le plus beau de sa carrière : Le Cercle des Poètes
Disparus.
Good Morning Vietnam conserve encore aujourd'hui toute sa force.
Au delà de son réquisitoire contre un conflit déterminé, il dénonce, avec
habileté, plus généralement, les illusions dont les hommes aiment à se bercer
pour justifier l'injustifiable. En ce sens, il est à voir d'urgence et à
méditer.
Information Discographie :
Bande sonore : Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
Détails :
• Sous-titres Anglais
• Monologues
• Journal de Production :
- D'où vient le film ?
- Improvisions des acteurs
- Musique du film
- Origine du sigle "Good Morning, Vietnam!"
- Tourner en Thaïlande
- Ressenti du film, un an plus tard
• Bandes annonces