Dans les années 50, Walt Disney entend bien démontrer au
public comme aux professionnels qu'il ne se limitera pas aux seuls films
d'animation. Il est, en effet, décidé à investir en masse dans les films à
prises de vues réelles, parfaitement convaincu que la diversité des
productions est la clé de la réussite d'un studio. Dès les années 40, il
accueille d'ailleurs dans son équipe, Larry Lansburgh, un spécialiste des
docu-fictions animaliers filmés en extérieur, sans acteur ou artifice. Ce
dernier se voit alors confié, fort logiquement, des court-métrages "live" à
l'exemple de
Ouragan sorti en 1954.
Mais Larry Lansburgh a d'autres ambitions, et parmi
elles, la production de longs-métrages. Il propose, ainsi, en 1954, à Walt
Disney, l'histoire de La revanche de Pablito dont il a déjà
entièrement développé le script. Il emporte la mise et se voit nommé
producteur du film tandis que la réalisation est confiée à Roberto Gavaldon.
Le tournage se déroule au Mexique et utilise les techniques employées jusque
là par Larry Lansburgh dans ses court-métrages. La présence d'acteurs est la
seule différence structurelle. Son choix se porte sur des comédiens de
renom, tous mexicains, à l'exception notable de Joseph Calleia jouant le "padre".
Le casting ne souffre d'ailleurs d'aucune critique. Andres Velasquez,
véritable perle rare, sert, il est vrai, un Pablito, émouvant à souhait,
sans jamais sombrer dans la niaiserie. Ses échanges avec Joseph Calleia sont
d'ailleurs particulièrement convaincants. Rodolfo Acosta est, quant à lui,
un méchant, affreux et terrifiant, qui rayonne, de bout en bout, par sa
noirceur, jusqu'à sa scène dans l'église où la puissance divine le rappelle
à l'ordre.

Au delà de son casting, La revanche de
Pablito puise son charme et sa finesse dans ses images. L'histoire,
très (ou trop) simple, n'est, en effet, que prétexte à servir aux
spectateurs de belles vues où la tendresse a toujours sa place. Certaines
scènes restent cependant particulièrement impressionnantes tel le combat
dans l'arène contre le taureau où la vision réaliste de la violence peut en
étonner plus d'un, sous la signature Walt Disney.
La Critique reproche unanime à La revanche de
Pablito son manque criant d'ambition. Là où elle s'attendait à
l'artillerie lourde à la manière de 20000
lieues sous les mers, elle ne trouve, en effet, qu'un
petit film, certes charmant, mais sans aura. Walt Disney, lui, se déclare
satisfait du résultat, considérant qu'il est utile pour son studio
d'alterner les genres. Pour autant, il ne signera plus avec Larry Lansburgh
de longs-métrages mais le confinera, jusqu'à la fin des années 60, aux
formats courts mêlant enfants et animaux.
Sans pouvoir revendiquer autre chose qu'un statut de
"petit film", La revanche de
Pablito est à voir pour sa capacité à offrir un divertissement de
qualité.