Tonka est un film sans prétention, typique du
catalogue Disney des années 50. Le western, synonyme d'aventures et de
grands paysages, est, en effet, le genre le plus prisé chez Mickey tant il
plait alors au public. Sa popularité conduit d'ailleurs Walt Disney à lui
consacrer un land complet, dès l'ouverture, dans son parc à thème
Disneyland à Anaheim.
Tout modeste qu'il soit, Tonka apporte un regard
différent sur le genre. Bien avant les années 70 qui généraliseront la
pratique, le film prend, il est vrai, fait et cause pour les indiens qu'il
évite de présenter comme de sanguinaires ennemis. Tonka a ainsi la
bonne idée de placer le récit du point de vue des yeux du jeune indien,
développant une approche intéressante des mœurs des tribus indigènes.
Certes, il n'évite pas la caricature (le Général Guster ou Taureau Jaune
sont à ce titre de véritables images d'Epinal) mais l'intention se doit
d'être saluée. Enfin, autre particularité notable du long-métrage, la scène
de bataille finale, impressionnante par sa violence et le nombre de
protagonistes tués, affiche un bilan morbide extrêmement rare dans une
production du label Disney.

Au niveau du casting, Sal Mineo (Taureau Blanc) est tout
simplement bluffant. Il crève, en effet, littéralement l'écran dans chaque
séquence où il apparait et notamment dans la bonne moitié du film quand il
se consacre à l'apprentissage du cheval. La force du récit se trouve
d'ailleurs mise à mal une fois Tonka relâché. Le long-métrage se détachant
du jeune indien, le spectateur perd le fil conducteur tant l'idée de suivre
l'animal plutôt que son maître ne parvient pas à convaincre. Dès lors, la
fin abracadabrantesque est presque excusable même si elle demeure imbécile
au possible, sans parler bien sûr des incohérences du scénario qui se paye
le luxe de se contredire tout seul !
Regorgeant d'atouts pas ou peu exploités, inégal et mal
construit, Tonka est un film bancal dont le charme désuet ne parvient
même pas à relever le bilan. Dommage.