Un
pilote dans la lune est une sympathique comédie éloignée, sur bien des
points, du "politiquement correct" habituellement en vigueur chez les studios
Disney. Elle se paye, en effet, le luxe de passer au vitriol une panoplie
d'institutions chères au cœur des américains. Ainsi, le FBI, les hommes
politiques, l'armée de l'air et le programme spatial sont, entre autres,
malmenés à grand renfort de situations cocasses et de phrases assassines, le
tout saupoudré d'un petit zeste de science-fiction et d'une pincée de film
d'espionnage, histoire sans doute de ne pas assumer complètement la démarche de
moquerie entreprise.
Il n'en reste pas moins que, sans être totalement
hilarantes, de nombreuses scènes sont drôles à souhait et suffisamment fortes
pour emballer le spectateur. Les dialogues regorgent d'ailleurs de bons mots à
l'exemple de l'échange entre le sénateur et le commandant de l'armée de l'air où
ce dernier s'interroge sur l'origine de la niaiserie des questions posées par le
politique. L'armée en prend également pour son grade, notamment dans sa façon
grotesque de choisir ses volontaires tout comme le FBI, totalement incapable de dénicher la
moindre preuve, même placée sous ses yeux...
Au contraire de l'histoire, le casting sent, lui, le conformisme disneyen à
plein nez. Tom Tyron, déjà vu dans la série de
Disneyland,
Texas John Slaughter, endosse ici son premier et seul rôle au
cinéma pour la firme de Mickey et livre d'ailleurs une prestation convaincante.
Brian Keith, en passe de devenir un grand habitué du studio aux grandes
oreilles, (Les Dix Audacieux,
Les Pas du Tigre,
Calloway, le Trappeur...)
assume, lui, à merveille son personnage de militaire autant colérique
qu'incompétent. Enfin, Tommy Kirk, qui joue le frère du capitaine Talbot, est
l'égérie du moment pour Disney. Découvert dans la série du
Mickey Mouse
Club,
Les frères Hardy, sa carrière est, il
est vrai, à
cette époque, fulgurante. Jusqu'à son départ du studio en 1965, il enchaine
ainsi film sur film :
Fidèle Vagabond (1957),
Quelle vie de chien !
(1959),
Les Robinsons
des Mers du Sud (1960),
Monte là-d'ssus (1961),
Babes in Toyland
(1961), Bon
Voyage ! (1962),
Après
Lui, le Déluge (1963),
Sam,
l'Intrépide (1963) et
Les Mésaventures de Merlin Jones
(1964).
Un pilote dans la lune emporte globalement l'avis de la Critique
qui salue alors son intelligence et sa drôlerie. Le public, lui, n'adhère pas et
lui accorde un bien modeste succès au box-office.
Gentille comédie, Un pilote dans la lune est aujourd'hui une œuvre
datée, emplie de nostalgie et de charme. Elle réserve ainsi un agréable moment
aux amateurs du genre.