Emile
est les détectives est la deuxième adaptation au cinéma d'un livre de
l'auteur allemand, Erich Kastner, quelques trente-trois ans plus tard après la
toute première remontant, en effet, à 1931. Rien d'étonnant dès lors à voir le
récit, tourné à l'origine dans l'Allemagne unifiée sous la République de Weimar,
être localisé, pour le remake disneyen, dans l'ancienne R.F.A., rideau de fer
oblige.

Si le roman est suffisamment dense pour disposer en soi des ressources
nécessaires pour faire de sa version cinématographique un long-métrage
merveilleux, le scénario retenu par Disney pêche en bien des points. Englué dans
des longueurs qui plombent le rythme, le récit hésite, il est vrai, sans cesse,
entre différents tons si bien que le spectateur finit par se perdre, sans savoir
comment appréhender les séquences qui s'offrent à lui. De la dérision mal-assumée avec la
scène du vol, à l'angoisse trop marquée à l'occasion du rapt
d'Emile, l'ambiance générale du long-métrage apparait ainsi brouillonne et
instable, sans jamais parvenir à légitimer sa pertinence. Les acteurs tentent
d'ailleurs, tout au long du film, à se convaincre de la vraisemblance des
rebondissements. Ils décrochent, en revanche, sans mal la sympathie du public,
non sans préciser qu'ils la doivent essentiellement à la dynamique de groupe
rappelant, ici et là, les mythiques Clubs des cinq ou Six Compagnons. Les
différents personnages sont, en effet, plutôt attachants, à commencer par le
rôle féminin qui sort visiblement du lot.
Au final, Emile est les détectives est un film qui ne vaut que
pour sa galerie de personnages : un peu court pour captiver un auditoire !