Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (C.S.A.), dont le
renouvellement des membres et du Président fait actuellement grand
bruit, continuera-t-il dans sa logique aveugle de réprimandes et
sanctions des chaines thématiques ? L’organe de régulation du
Paysage Audiovisuel Français (P.A.F) poursuivra-t-il en effet sa
politique liberticide envers tous les médias non généralistes ?La question se pose aujourd’hui. Elle est vitale et devient même
emblématique dans le cas du pack Disney T.V.
Dans sa lecture rigoriste de la loi sur la protection des œuvres
d’expressions françaises et européennes, le gendarme de l’audiovisuel
frappe, il est vrai, sur toutes les thématiques, en radio comme en
télévision, qui ne respectent pas les quotas. Et peu importe s’ils
sont, du fait même de leur format, dans l’impossibilité de s’y
soumettre ! Les victimes de l’entêtement du C.S.A à ne pas vouloir
entendre raison, sont, tous les jours, plus nombreuses et cherchent
désespérément comment sortir de sa ligne de mire, sans perdre leurs
âmes.
Le C.S.A exige ainsi un minimum d’heures de diffusions d’œuvres
françaises et européennes sur chaque antenne : c’est chose comprise
! Cela l’est moins quand le diffuseur a pour thème une programmation
qui, a, justement, pour particularité de ne pas être, par essence,
de nationalité française ou européenne. Comment la chaine de
télévision « Mangas » peut-elle, en effet, diffuser majoritairement
des dessins animés de fabrication française alors que le marché visé
est typiquement japonais ? Comment la radio FG peut elle programmer
des chansons francophones quand sa ligne éditoriale est axée sur la
house et la dance, universellement exprimées en anglais ?
Et comment le pack Disney TV, dont les abonnés plébiscitent par
définition la marque historique, peut-elle intégrer majoritairement
dans son programme des œuvres françaises et européennes ? Qu’on se le
dise une bonne fois pour toutes : Mickey et ses amis sont pour
l’administration française des produits d’importation américains !
Leur universalité n’y change rien : le « made in USA » est
incontournable.
Le C.S.A. livre ainsi une véritable guerre de tranchées à Disney
Channel pour la contraindre, contre toute logique éditoriale, à
diffuser des programmes français et européens. Et tant pis si les
amateurs de la chaine découvrent consternés, Kirikou, là où ils
attendaient Mickey et ses amis ou encore, subissent la suppression
d’une émission culte – Zapping Zone – parce que le même C.S.A. lui
refuse le statut d’œuvre française ?
Comment se sortir de cette situation ubuesque où l’administration
française, par ses lourdeurs, plonge les diffuseurs dans
l’illégalité, en niant farouchement le concept même de chaines
thématiques ? Faut-il se résoudre à voir ces dernières installer
leur siège à l’étranger, à l’image de SciFi ou TCM, pour échapper à
la règlementation tricolore tout en diffusant sur l’hexagone ?
Le C.S.A. doit accepter l’idée que les chaines thématiques, Disney
Channel en tête, ont besoin d’oxygène pour tout simplement continuer
à exister sur le sol français. Protéger la production audiovisuelle
nationale ne doit pas se faire au détriment des diffuseurs. Il
convient de les traiter en respectant leur ligne éditoriale et leur
permettre d’offrir à leurs téléspectateurs les programmes pour
lesquels ils s’abonnent.
A l’heure de l’explosion d’internet et du multimédia, le risque de
voir la France transformée peu à peu en désert audiovisuel arrosée
par les pays limitrophes est grand !
La France va-t-elle se payer le luxe de contraindre Disney Channel à
l’exil alors qu’elle s’enorgueillit d’accueillir sur son territoire
le seul resort Disney en Europe ?