Quelque soit l’objet de leur passion, les fans sont immanquablement
les gardiens du temple. Disney n’échappe bien sûr pas à la règle et
se voit suivie et surveillée à travers le monde entier par des
communautés nationales de passionnés, collectionneurs attentifs de
ses œuvres et produits. La dimension de la Walt Disney Company est
d’ailleurs telle qu’elle décline sur tout le globe des filiales,
plus ou moins puissantes, entièrement destinées à faire rayonner
Mickey et ses amis, et, par la même occasion, tourner le
tiroir-caisse.
Dans le monde, l’Europe est, à l’évidence, pour la firme au château
enchanté, un marché important et, au sein d’elle, la France domine tous
ses voisins. Hôte du seul resort sur le vieux continent, elle sait
également réserver aux films de la Walt Disney Company un précieux
accueil.
Curieusement, alors même que les débouchés français sont
incontournables et que les fans tricolores sont nombreux et correctement
fédérés (en témoigne la vigueur des sites et forums consacrés à la plus
célèbre des souris), la déclinaison hexagonale de la Walt Disney Company
ne cesse de décevoir.
Ses bévues sont légions et, pire, ont récemment fâcheuse tendance à
se multiplier.
Sourions d’abord de constater, à l’occasion de la réédition en DVD
du Grand Classique
Le Livre de la Jungle sur la
jaquette retenue par Disney France, un résumé pompé sur celui rédigé par
votre serviteur sur Zuzu Disney. Les passionnés que nous sommes y voient
certes un hommage déguisé à la qualité de notre travail même si nous ne
pouvons nous empêcher de penser au faible niveau d’investissement mis en
œuvre dans cette sortie, s’agissant d’un simple copier-coller, pratique
somme toute terriblement peu professionnelle.
Lassons-nous ensuite de la satanée liste numérotée des films Disney,
une invention franco-française, condamnable en soi car n’obéissant à
aucune logique éditoriale. Ainsi,
Il
était une fois en est écarté alors même que
rien ne justifie cette décision. Ne serait-il pas temps d’abandonner une
bonne fois pour toute cette hérésie, qui, à trop disposer d'un contour mal
défini, devient du grand n’importe quoi !
Pinçons-nous alors devant l’incroyable erreur commise par Disney
France qui visiblement ne visionne même pas ses propres œuvres.
Copains des
Neiges se voit, en effet, présenté en DVD affublé d’une
jaquette qui propose le résumé d’un autre film,
Cinq toutous
prêts à tout ! Certes, les plus optimistes d’entre
nous verront dans cette édition un fort potentiel de joli collector une
fois le lot épuisé. Difficile cependant de ne pas conserver, au final,
un goût amer devant ce qui témoigne d’une absence totale de démarche
qualité digne de ce nom.
Enervons-nous, sur le même registre, devant l’erreur de titre de
l’édition DVD française de
Bienvenue
chez les Robinson qui affuble, dans les premières
images du film, le nom Robinson d’un
pluriel aussi impropre qu’insupportable. Non seulement Disney France
viole une règle d'orthographe élémentaire mais maltraite, qui plus est,
le titre d’une œuvre qu’elle est censée justement défendre.
Désespérons-nous enfin de voir passée sous silence la sortie
conjointe de
Comment Brancher son Home Cinéma
avec Maxi Papa. Disney France, contrairement à sa
consœur américaine, a tout simplement omis de communiquer sur le
retour, après quarante ans de disette, des studios de Mickey à l’un
de leurs fondamentaux, la production de cartoons 2D à destination
des salles obscures. La révolution voulue par John Lasseter lui-même
n’a tout bonnement pas trouvé grâce aux yeux du staff de la filiale
française… Incroyable et incompréhensible !
Que conclure après
cette édifiante (et malheureusement non-exhaustive !) collection
d’erreurs en tout genre ? Pas grand-chose si ce n’est d’inviter
Disney France à consulter ses fans suffisamment en amont pour éviter
d’apparaitre sous le plus mauvais jour qui soit pour une entreprise
: celui de l’incompétence !