Alors que les Etats-Unis sont aujourd’hui sur les devants
de la scène internationale, en s’apprêtant à élire leur 44ème Président, et
ainsi ouvrir une nouvelle page de son Histoire, il est opportun de revenir sur
les liens étroits qui existent entre Walt Disney et son pays.
Walt expliquait souvent à quel point il aimait son pays, ajoutant que « si
on regardait au plus profond de [ses] yeux, [on pourrait] y voir le drapeau
américain flotter au vent ». Il est vrai que s’il y a bien un artiste à
Hollywood qui a essayé, sans relâche, de promouvoir son pays et ses valeurs à
travers le monde, c’est bien Walt Disney. Pendant presque 40 ans de carrière, et
ce dans tous les domaines possibles, il a tenté de mettre en lumière les
Etats-Unis et ses valeurs de Liberté et de Démocratie. Sa filmographie est
indéniablement la meilleure preuve de l’amour de Disney pour son pays, son
Histoire, ses paysages, ses héros et ses légendes.
Certains de ses films sont tout d’abord des odes à l’Amérique, glorifiant son
passé, souvent d’ailleurs, avec une certaine mélancolie. Parmi eux,
La Belle et le Clochard qui situait
l’histoire d’amour de Lady et du Clochard dans une Nouvelle Angleterre
idyllique, calme et pleine de romance, avec ses magnifiques maisons alignées et
ses superbes allées bien entretenues, rappelant l’Amérique de la Belle époque
que Walt avait connue pendant son enfance, et qui semblait déjà, dans les années
1950, totalement révolue.

D’autres films, comme Johnnie
Panama et Alice Bonnet Bleu, ou encore
C’est un Souvenir de
Décembre reprenait le même cadre de Amérique merveilleuse de la fin du XIXe
siècle et qui avait désormais disparu.
Dumbo insufflait le même esprit de nostalgie, d’un temps fort éloigné ou le
cirque parcourait les routes des Etats-Unis à bord d’un train à vapeur, afin de
faire découvrir au public ses animaux et ses spectacles extraordinaires. Et que
dire de Danny le Petit Mouton Noir,
ode à l’Amérique rurale, calme et tranquille, que Walt avait connu pendant les
quelques années passées à Marceline, dans le Missouri, et qui restèrent à jamais
dans son esprit comme les meilleures années de sa vie.
Disney s’attacha également, au cours de sa carrière, à dépeindre les grands
moments de l’Histoire américaine, avec un grand « H », dépeignant tour à tour
chacune de ses périodes de gloire : la Guerre d’Indépendance dans
Johnny Tremain, la Guerre de Sécession
dans L'Infernale Poursuite, la
ruée vers l’or, dans Sur la Piste de
l’Oregon… Il s’attacha également, que ce soit à la télévision ou au cinéma,
à glorifier les héros qui fondèrent la nation américaine. Parmi eux, Benjamin
Franklin et Thomas Jefferson, les auteurs de la Déclaration d’Indépendance,
texte à l’origine des Etats-Unis, le Brave mécanicien, symbole de la
conquête du chemin de fer, ou encore le pionnier John Chapman, mieux connu sous
son surnom de Johnny Pépin de
Pomme, et dont la légende raconte qu’il planta les premiers pommiers de
l’Ouest américain, sans oublier le mythique
Davy Crockett, héros de la guerre entre les Colons et les Indiens, puis du
conflit entre les Américains et les Mexicains, et qui périt avec un extrême
courage dans le non moins mythique Fort Alamo… Il ne faut pas non plus oublier
les légendes américaines, dont l’existence est plus qu’improbable, mais dont
Disney glorifia cependant les exploits :
Pecos Bill, cow-boy solitaire
qui accomplit plusieurs exploits (dont le détournement du Rio Grande) avant de
tomber amoureux de la séduisante Slue-Foot Sue, Paul Bunyan, le bûcheron
géant, ou encore le justicier masqué Zorro,
qui aida les Californiens contre les garnisons espagnoles tyranniques…

Les grands espaces américains furent également au centre de nombreux films de
Walt Disney. Au cœur de plusieurs « fictions », tout d’abord, comme
Bambi, ou même
Les Aventures de Perri, dont l’histoire se
déroule dans les forêts du Maine, comme La
Légende de Lobo, dont le cadre se situe dans le désert de l’Ouest des
Etats-Unis, comme Fidèle Vagabond, dont
l’intrigue permet au spectateur de voir l’immensité du Texas, … Mais également
au cœur des nombreux documentaires, notamment ceux de la série des True-Life
Adventures, qui mettaient en valeur les castors de l’Ouest américains dans
La Vallée des Castors, les ours des
Rocheuses dans Au Pays des Ours, les
alligators de Floride dans Everglades, Monde Mystérieux… Sans parler de la découverte des grands espaces américains dans
Le Désert Vivant,
La Grande Prairie ou encore
Grand Canyon…

Walt Disney utilisa également la télévision pour vanter les mérites de sa
nation. Dans ses différentes émissions quotidiennes, il offrit au spectateur de
nombreuses plongées à travers les paysages et l’histoire passée des Etats-Unis.
Mais il leur offrit également plusieurs bonds dans le temps et dans l’espace,
avec les émissions sur la conquête spatiale réalisée par Ward Kimball, et
préparée avec le concours des meilleurs scientifiques de son temps, comme Man
in Space, Mars and Beyond ou encore Man and the Moon. Alors
qu’aujourd’hui, certaines de ces émissions semblent plus proches de l’utopie que
de la réalité, elles jouissaient à l’époque d’une grande renommée. Et il ne faut
pas oublier qu’elles furent conçues en pleine Guerre Froide, à une époque où les
Etats-Unis et l’U.R.S.S. se livraient un combat idéologique sans merci, qui
impliquait notamment la conquête de l’espace. En produisant ces émissions
futuristes, Walt Disney devenait ainsi le meilleur ambassadeur des Etats-Unis et
de leurs progrès scientifiques. Le message de propagande n’est plus perceptible
aujourd’hui, mais à l’époque, ces émissions permettaient de montrer l’avance des
Etats-Unis dans la conquête de l’espace, face à une U.R.S.S. qui se livrait
également aux mêmes expériences.

Walt et Wernher von Braun, pendant le tournage d’une émission
de la série Disneyland.