Les
rumeurs vont bon train sur Walt Disney ! Comme tous les hommes au destin
exceptionnel, sa vie toute entière a été en effet décortiquée pour trouver
(inventer même) ici ou là des évènements ou défauts croustillants destinés à
vendre du papier, sur la seule évocation de son nom.
Voici
les dix rumeurs les plus vivaces sur le papa de Mickey.
Rumeur n° 1 : Walt Disney s’est fait congeler pour pouvoir être réanimé quand la
science le permettrait.
Non. Dans les derniers mois de sa vie, maladie aidant, Walt Disney s’accrochait au moindre
espoir, même de charlatan, pour tenter d’échapper à la mort. Il s’est ainsi
beaucoup intéressé à la pseudo science, auto-dénommée par ses créateurs, la
cryogénie. Le simple fait de s’intéresser à cette solution, associé au décalage voulu par la famille entre l’heure du décès du Maître et son annonce officielle
(grosso-modo : une journée), a donné lieu à une rumeur folle...
Rumeur n° 2 : Walt Disney avait lui-même prévu l’emplacement de Disneyland
Paris.
Non.
Walt Disney n’a jamais évoqué la possibilité d’un Disneyland hors du sol américain. Cette
rumeur vient du fait que le lieu où Disneyland Paris a été construit se situe à
seulement quelques encablures de l’endroit où Walt Disney lui-même a séjourné
alors qu’il était ambulancier dans l’armée US lors de la guerre 14-18.
Il s’agit là d’un pur hasard !
Rumeur n° 3 : Walt Disney a interdit à Mickey de pleurer.
Pas
si simple. Walt Disney a attribué peu à peu à Mickey l’unique rôle
d’ambassadeur de sa compagnie : le personnage obéit ainsi à une charte stricte établissant
ce qu’il peut - ou ne peut pas - faire. Pleurer lui est ainsi interdit quand il
représente Disney. En revanche, quand Mickey joue un rôle (par exemple
Bob Cratchit) il peut pleurer ! L’une des rare fois où Mickey a été autorisé à
pleurer en qualité de représentant de la Walt Disney Company fut au lendemain du
décès de son papa, en une de Paris Match, par exemple...

Rumeur n°4 : Walt Disney était raciste.
Pas
si simple. En fait, malheureusement, il ne l’était pas plus que tous les
américains blancs de l’époque, mais bien évidemment, c’était déjà trop. Son
œuvre en revanche ne contient pas une once de racisme, même si l’image des noirs
est dans certaines productions, par trop réductrice.
Rumeur n°5 : Walt Disney était antisémite.
Non.
L’engagement de Walt Disney dans l’effort de guerre américain en 39-45 est
incontestable. Il est même allé jusqu’à prêter sa star historique
Donald pour
faire de la propagande antinazie. Cette affirmation, ridicule, repose en fait
simplement sur son goût pour une pratique religieuse chrétienne rigoriste,
soupçonnée, à tort, d’être forcément anti-juive et d’une audience privée (qu’il
n’avait pas sollicitée) avec Mussolini lors d’un voyage en Europe, avant la
deuxième guerre mondiale.
Rumeur n°6 : Walt Disney était sexiste.
Oui.
Et même l’excuse de l’époque ne tient pas. Il a toujours refusé par exemple de
s’entourer d’animatrices, tolérant simplement dans son studio les femmes aux
postes d’encreuses ou les reléguant à des rôles subalternes. Il a, en outre,
souvent manifesté son dépit à l’idée de ne pas avoir de fils. De là à penser
qu’il considérait la femme comme inférieure à l’homme, il n’y a qu’un pas...
Rumeur n°7 : Walt Disney était homophobe.
Oui.
Et clairement même ! Il s’est séparé de certains de ses
collaborateurs masculins qui avaient eu le courage de révéler en privé leur
homosexualité et n’a pas hésité, pour le même motif, à résilier le contrat liant son studio à
certains acteurs, pourtant plébiscités à l’époque par le public.
Rumeur n°8 : Walt Disney était réactionnaire.
Pas
si simple. En fait, il l’était mais comme ses contemporains. Son enfance
spartiate, son éducation rigoriste, sa génération tout comme son identité
américaine ont fait de lui un self made man, très pratiquant, adepte du
libéralisme et foncièrement anti-communiste. Il est tout bonnement à l’image de
ses contemporains : la toute jeune Amérique s’est bâtie sur la pratique
religieuse et l’ultralibéralisme, difficile d’y échapper dans les deux premiers
tiers du XXe siècle.
Rumeur n°9 : Walt Disney était antisyndical et antisocial.
Pas
si simple. En fait, patron paternaliste, il n’a jamais compris que ses
équipes puissent réclamer des droits supplémentaires, pensant qu’il leurs
apportait tout ce dont elles avaient besoin, à commencer par la chance de
travailler pour lui ! S’estimant à l’écoute de ses employés comme il l’était du
public, il pensait (et se trompait !) que ce qu’il jugeait bon pour son
personnel l’était forcément et qu’il couvrait, dès lors, toutes ses attentes. Il
n’était pas anti-syndicats par idéologie mais simplement parce qu’il pensait
qu’ils ne servaient à rien : en « père-patron », il était persuadé d’être le
seul apte à satisfaire les besoins de ses « enfants-employés ».

Rumeur n°10 : Walt Disney était un patron invivable.
Oui.
Et l’âge n’a pas amélioré son fichu caractère. Il piquait presque toujours des
colères noires, avait le compliment rare et n’hésitait pas à bloquer une
décision, même bonne, parce qu’il n’avait tout simplement pas été consulté
avant.