La collection Walt Disney's Legacy propose des compilations d'oeuvres
réalisées ou initiées du vivant de Walt Disney. Elle couvre tous les genres et
formats : des longs-métrages aux courts-métrages, documentaires, cartoons et
épisodes télé. S'inscrivant dans la droite ligne des Walt Disney Treasures,
elle propose ainsi un panel complet des talents de conteur et de producteur du
papa de Mickey.
Passionné de flore et de faune, Walt Disney peut être considéré comme le pionner
du documentaire animalier grand public. Dès 1948, il met, en effet, en chantier
la collection des True Life Adventures dont les courts et longs-métrages
seront multi-oscarisés. Cette série, inaugurée avec le mini documentaire,
L'île aux
phoques, constitue d'ailleurs la première véritable incursion
de la compagnie au château enchanté dans la production de films "live". Elle
comporte un total de sept courts-métrages avant de s'ouvrir, en 1953, avec
Le désert vivant, au format des
longs-métrages. Ce dernier devient, à partir de cette date, la norme de
production des True Life Adventures et concerne, au final, six œuvres.
Le premier volume de la collection des True Life Adventures se consacre
logiquement à une magnifique série de documentaires. Il présente ainsi quatre
pépites du genre dont trois ont été récompensées par un Oscar : les
courts-métrages
La vallée des castors,
Les oiseaux aquatiques et
Everglades, Monde Mystérieux et le long-métrage
Le grand désert blanc. Il est
assurément un condensé du savoir faire des studios Disney dans le genre du
documentaire animalier.
James Algar est, à l'évidence, l'homme qui porte sur ses épaules une bonne
partie de la série des True Life Adventures. Professionnel à multiples
facettes, il est, au cours de sa carrière chez Disney, tour à tour, animateur,
scénariste, réalisateur, producteur ou narrateur. Il commence ainsi, au côté du
papa de Mickey, en 1934, en qualité d'animateur sur
Blanche Neige et
les sept nains. Walt Disney le remarque très vite et lui
confie dans la foulée la réalisation de
L’apprenti sorcier, devenu
depuis, le pilier référent de
Fantasia. James Algar réalise ensuite
des séquences de Bambi mais aussi plusieurs œuvres liées à l'effort de guerre
de la Walt Disney Company, dont le réputé Victoire dans les airs. Il signe aussi
Le crapaud
et le maître d’école, sorti en 1949. Parallèlement, Walt
Disney lui confie un nouveau challenge et le charge de la réalisation d'un
court-métrage,
L'île aux
phoques, inaugurant une toute nouvelle série de
documentaire animalier, les True Life Adventures. Le coup d'essai se
révèle un parfait coup de maître qui emporte l'adhésion du public et... Un oscar
! James Algar contribue ensuite, pendant plus d’une décennie, à la production
d’une multitude de courts et longs métrages documentaires dont la plupart est
oscarisée (La vallée des castors,
Au pays des ours,
Le grand désert blanc, The
Alaskan Eskimo ou Grand Canyon). Bourreau de travail, il
participe également à 26 épisodes de la série
Disneyland,
en qualité de producteur ou de narrateur et signe la réalisation de films
mémorables, tels
La légende de Lobo, L’incroyable
randonnée ou
Un raton nommé Rascal.
En dehors des documentaires, le premier volume de la collection des True Life
Adventures propose, également, trois autres fabuleuses trésors : deux
épisodes télé de l'émission
Disneyland
et un court-métrage, construit dans le genre des True Life Adventures
sans, pour autant, appartenir à la série.
Les épisodes de l'émission télé, au delà même de leur contenu, démontre, s'il en
était encore besoin, l'incroyable capacité de Walt Disney à être visionnaire. Il
est en effet convaincu, avant bon nombre de ses confrères producteurs, du grand
pouvoir du média de masse naissant qu'est, alors, le petit écran. Comptant bien
sûr y imposer sa marque, il construit une émission populaire, toute entière
consacrée à de l'autopromotion déguisée. Dès lors, la publicité des futurs
longs-métrages du studio de Mickey (ici
Le grand désert blanc) est
assurée par le biais de making-of dévoilant leurs secrets de réalisation. Les
reportages ainsi obtenus, à l'exemple de The Crisler Story, d'une
durée approximative d'une demi heure, se voient, d'ailleurs, couplés avec des
courts-métrages préalablement sortis sur grand écran. Walt Disney propose
également des épisodes totalement inédits formatés pour la télévision, à l’image
de Wonders of the Water World, recyclant des rushes des précédents
True Life Adventures. Le programme, placé sur le thème du land
Adventureland, est visiblement idéal pour convaincre le spectateur de se
précipiter dans les salles. Au regard des chiffres d'audience flatteurs
remportés par les émissions et des scores des films de cinéma au box office, la
formule de promotion fonctionne, à l'évidence, à merveille.
Le court métrage est, quant à lui, tout droit sorti des archives des studios
Disney. Pendant toutes les années 50, Walt Disney envoie, en effet, de nombreux
photographes naturalistes à la recherche d'images inédites, destinées à
s'intégrer à sa série phare de documentaire. Cependant, comme les travaux
ramenés ne permettent pas tous de produire des longs-métrages, décision est
prise de les confiner sur le format moins exigeant du court métrage. Leur durée
sert d'ailleurs de justification ultime pour ne pas les intégrer à la collection
des True Life Adventures. A partir du début des années 60, Walt Disney
s'éloigne du strict format de documentaire, dont il pressent, avant tout le
monde, une lassitude du spectateur. Il se consacre, alors, à un nouveau genre,
le docu-fiction, qu'il décline en longs et moyens métrages. Ces nouvelles
productions, qui permettent de montrer des images d'animaux tout en racontant
une histoire, deviennent, à l'époque, un parfait spectacle familial et
intelligent.
Mysteries of the Deep est donc l'un des derniers courts-métrages
animaliers produits par Disney. Il présente également la particularité d'être un
des tout premiers travaux de Roy Disney qui prend en charge la narration. La
nomination aux Oscars de ce documentaire n'est pas sans rassurer son oncle sur
les réelles capacités de son neveu.