Pixar a habitué depuis toujours ses spectateurs à proposer, avec chacun de
ses longs-métrages, un cartoon de « mise en bouche » exclusif. Ainsi, pour
accompagner
Là-Haut, Passages Nuageux
débarque sur les écrans en s’inscrivant, contrairement à la dernière combinaison Presto
/
WALL•E, dans l’aura poétique de son
grand frère.
Comme lui, en effet, il apparait empli de charme et d’émotions. Capable de
faire fondre son auditoire dès les premières secondes et de l’émouvoir tout au
long de son récit, il captive ainsi, sans aucune parole, en proposant un numéro
particulièrement bluffant tant il est efficace. Passages Nuageux, comme
Montres & Cie avant lui et la
légende des monstres dans le placard, livre, il est vrai, un véritable scoop !
Il apporte la réponse à une question que le monde entier se pose : où les
cigognes vont-elles donc chercher les bébés qu’elles livrent ensuite ? Le
spectateur découvre ainsi une organisation bien rodée, véritable partenariat
qu’il imagine ancestral, entre les nuages et les volatiles.

Au-delà de son idée de départ savoureuse, le court-métrage tire également sa
force de l’incroyable duo formé par Gus et Peck. La gaucherie du premier alliée
à l’abnégation du second fait, en effet, des merveilles. La tache était pourtant
ardue, notamment dans le traitement du nuage qui, non seulement, devait rester
crédible en tant que cumulus, créateur d’orages, mais également se rendre
attachant en qualité de fournisseur de bébés. Le résultat final est exceptionnel
: le rendu est à l’évidence parfait.
Avec Passages Nuageux, Peter Sohn signe donc, pour Pixar, un énième
petit bijou. Connu pour sa participation en tant qu’animateur ou scénariste de
films d'animation 3D désormais légendaires (Ratatouille,
Les Indestructibles ou
Le Monde de Nemo), il a également prêté
sa voix à Emile, le frère de Rémy dans la version américaine des aventures du
plus célèbre rat parisien. Alors qu’il travaille sur
Là-Haut, il propose trois idées de
départ pour des courts-métrages. Celle sur l’origine des bébés est finalement
retenue. Rien de vraiment étonnant dans ce choix : elle est, en effet, inspirée
d’une scène de Dumbo, le film préféré
de John Lasseter, le patron actuel des studios Disney.
Mignon à souhait, Passages Nuageux est la meilleure des introductions
à Là-Haut. Comme lui, il invite le
spectateur à toujours chercher à avoir la tête dans les nuages... A savourer
sans modération.