Lucille La Verne

Lucille La Verne
Date de naissance :
Le 07 novembre 1872
Lieu de Naissance :
Nashville, dans le Tennessee, aux États-Unis
Date de Décès :
Le 04 mars 1945
Lieu de Décès :
Culver City, en Californie, aux États-Unis
Nationalité :
Américaine
Profession :
Actrice

La biographie

rédigée par
Publié le 26 octobre 2023

Lorsqu’il débute la production de Blanche Neige et les Sept Nains à l’automne 1934, Walt Disney souhaite marquer les esprits avec ce qui deviendra le tout premier long-métrage animée sonore et en couleur de toute l’Histoire du cinéma. Pour ce faire, il demande à ses artistes de se surpasser en créant notamment des personnages inoubliables auxquels les spectateurs pourront facilement s’identifier. Pour les y aider, ses directeurs de casting et lui composent un casting quatre étoiles en faisant appel à plusieurs vétérans parmi lesquels la comédienne Lucille La Verne choisie pour interpréter la terrifiante Reine Grimhilde.


Lucille La Verne

Lucille La Verne Mitchum voit le jour le 7 novembre 1872 près de Nashville, la capitale du Tennessee. Alors que les États-Unis continuent de panser leurs plaies, une douzaine d’années seulement après la fin de la Guerre de Sécession, l’enfant entame sa carrière de comédienne en participant à différents spectacles dans des salles de spectacles locales. Devenue adolescente, elle joue ensuite dans différents théâtres qui se produisent dans toute la région. À quatorze ans, elle incarne Juliette et Lady Macbeth dans deux adaptations de Roméo et Juliette et Macbeth de William Shakespeare. Ces deux rôles lui permettent de se faire remarquer par des producteurs grâce auxquels elle fait ses débuts à Broadway dès 1888 dans La Tosca de Victorien Sardou. Elle n’a que seize ans.

Scène de l'Empire Theater, Richmond

Les Deux Orphelines (1921)

Forte de tant d’années d’expérience, Lucille La Verne tourne avec certaines des plus grandes compagnies de théâtres américaines de l’époque et remporte de beaux succès à New York, Boston, San Francisco ou bien encore Chicago. En 1895, elle s’émancipe et fonde elle-même sa propre troupe. Trois ans plus tard, elle est nommée directrice de l’Empire Theater de Richmond, en Virginie, un poste à l’époque rarement confié à une femme. C’est l’occasion pour elle d’écrire et de mettre en scène ses propres pièces, en particulier une nouvelle adaptation d’Un Chant de Noël de Charles Dickens. Récompensée par la Virginia Woman Society qui lui remet en 1901 le prix de la Femme de l’Année, Lucile La Verne triomphe notamment dans Clarice, Seven Days, Way Down, Notre Dame, L'Éventail de Lady Windermere d’Oscar Wilde ou bien encore La Case de l’Oncle Tom dans laquelle elle apparaît grimée en esclave afro-américaine.

Zaza (1923)
Sun-Up (1925)

En 1912, Lucille La Verne épouse son agent publicitaire, William Waide Scott. Leur mariage est néanmoins malheureux et se conclut par un divorce en 1920, la faute, en partie, à la carrière dévorante de l’actrice qui, en 1923, adopte une enfant, Grace Taylor, onze ans. Largement plébiscitée dans la presse qui loue sa versatilité et sa capacité à tout jouer, Lucille La Verne ne tarde pas à attirer l’attention des producteurs de cinéma. Dès 1915, la comédienne obtient ainsi un petit rôle dans Over Night de James Young qui lui offre l’année suivante d’incarner Lady Maria dans Sweet Kitty Bellairs puis Madame Batavia dans The Thousand-Dollar Husband (1916). Parfois créditée sous le nom de Lucille Lavarney (ou Lucille La Varney), elle enchaîne avec Polly of the Circus (1917), The Life Mask (1918), Tempered Steel (1918) et The Praise Agent (1919). D.W. Griffiths la dirige ensuite dans Les Deux Orphelines avec les sœurs Dorothy et Lillian Gish (1921), La Rose Blanche avec Mae Marsh, Carol Dempster et Ivor Novello (1923) puis Pour l’Indépendance avec Neil Hamilton, Erville Andersen et Carol Dempster (1924). Dans Zaza d’Allan Dwan, elle donne la réplique à Gloria Swanson (1923). Elle complète sa filmographie avec Among the Missing (1923), His Darker Self (1924) et Le Dernier Moment (1928).

Poursuivant en parallèle sa carrière au théâtre, Lucille La Verne est l’une des actrices les plus prolifiques du moment avec des centaines de rôles à son actif. En 1923, elle crée le rôle de la veuve Caggle dans la pièce Sun-Up de Lula Vollmer montée le 25 mai à la Princetown Playhouse. Partageant la scène avec Alan Birmingham, Norman Dale, Anne Elstner, Eugene Lockhart et Owen Meech, son interprétation lui vaut les louanges du public et de la profession. Le succès est tel que le spectacle tourne dans tous les États-Unis puis en Europe au cours de représentations exceptionnelles auxquelles assistent des personnalités aussi illustres que le roi George V d’Angleterre, Leopold de Belgique et le Kaiser Guillaume II. La pièce est adaptée au cinéma par Arthur F. Statter et le réalisateur Edmund Goulding pour le compte de MGM dès 1925. Le Broadway’s Princess Theatre est même ponctuellement rebaptisé Lucille La Verne Theatre en 1927. L’établissement retrouve cependant son nom d’origine lorsque La Verne quitte New York pour Los Angeles.

Sinners' Holiday (1930)
Le Petit César (1931)

Au cinéma, elle retrouve la caméra de D.W. Griffiths dans Abraham Lincoln (1930). Après Sinners’ Holiday de John G. Adolfi (1930) et Les Amours d’une Courtisane de Sam Taylor (1930), elle est engagée par Mervyn LeRoy pour incarner Ma Magdalena dans Le Petit César avec Edward G. Robinson et Douglas Fairbanks, Jr. (1931). Allongeant sa filmographie avec The Great Meadow, Une Tragédie Américaine, 24 Hours et Le Jardin Impie, tous sortis en 1931, elle livre huit autres prestations durant l’année 1932 dans Union Depot, She Wanted a Millionaire, Alias the Doctor de Michael Curtiz, While Paris Sleeps, Hearts of Humanity, Breach of Promise, A Strange Adventure et Blanco, Seigneur des Prairies d’Henry Hathaway. Certaines sources mentionnent qu’elle prête par ailleurs sa voix à la Sorcière dans Les Enfants des Bois des studios Disney.

Blanco, Seigneur des Prairies (1932)
Deux Femmes (1933)

Après une année 1932 incroyable, Lucille La Verne est malgré elle obligée de reléguer sa carrière au second plan. Elle est en effet victime d’un grave accident de la circulation. En essayant d’éviter un autre conducteur ayant fait un écart, sa voiture heurte violemment un poteau téléphonique. La Verne se retrouve alors à l’hôpital avec cinq vertèbres luxées. En 1933, les médecins lui découvrent en outre un cancer qui l’oblige à subir deux opérations. Sa présence sur les planches est, dès lors, plus rare. Elle est également moins présente au cinéma avec seulement deux apparitions dans Deux Femmes de John Ford et The Last Trail de James Tinling. Elle incarne en outre la femme de Noé dans le dessin animé L’Arche du Père Noé (1933). Ses graves problèmes de santé lui permettent toutefois de se rapprocher de sa fille adoptive avec qui les relations s’étaient considérablement distendues avec les années. Mariée en 1933, cette dernière accouche bientôt d’une petite-fille. À soixante ans, La Verne devient ainsi l’heureuse grand-mère d’une enfant prénommée Lucille, comme elle.

En 1934, Lucille La Verne tente de reprendre sa carrière. Elle revient par conséquent au théâtre. Elle joue aussi au cinéma dans Beloved (1934), School for Girls (1934), Kentucky Kernels (1934), Le Grand Barnum de Walter Lang (1934) et Le Marquis de Saint-Évremont (1935). À la même époque, les studios Disney font appel à elle pour incarner la Reine Grimhilde dans Blanche Neige et les Sept Nains. Durant les sessions d’enregistrement, la comédienne s’amuse alors follement à incarner la terrifiante et autoritaire souveraine désireuse d’assassiner la jeune princesse dont la beauté surpasse la sienne. Notamment dirigée par Joe Grant et Bill Cottrell, Lucille La Verne demande bientôt si elle peut également jouer le personnage après sa transformation en Sorcière. Les tests ne sont cependant pas concluants. Aussi bien Grant que Cottrell pensent que son interprétation est trop proche de celle de la Reine. La Verne demande alors quelques instants. Elle s’absente plusieurs minutes puis revient devant le micro pour ressayer. Et cette fois, sa voix correspond exactement au personnage. Circonspects, Joe Grant et Bill Cottrell lui demandent son secret. Lucille La Verne éclate de rire en expliquant qu’elle s’est simplement éclipsée un instant pour ôter son dentier ! Amusé, Grant consacre une partie des séances d’enregistrement à croquer La Verne qui, de fait, offre certains de ses traits à la vieille Sorcière.

Lucille La Verne
Croquis de Joe Grant

Au casting de Hearts of Humanity (1936) et Ellis Island (1936), Lucille La Verne a la mauvaise surprise d’apprendre que, malgré les traitements et les opérations, son cancer vient de ressurgir… Affaiblie, l’actrice fait alors le choix déchirant de mettre un terme à sa carrière. La pièce Black Widow montée en 1936 est son ultime apparition sur scène à Broadway. Projeté en salle à partir du 21 décembre 1937, Blanche Neige et les Sept Nains est de plus le dernier film de sa longue filmographie. Le cri mortel poussé par la Sorcière avant de basculer dans le vide est néanmoins réutilisé vingt-deux ans plus tard pour accompagner la mort de Maléfique lors du doublage de La Belle au Bois Dormant.

Le Marquis de Saint-Évremont (1935)
Blanche Neige et les Sept Nains (1937)

Lucille La Verne est finalement terrassée par la maladie le 4 mars 1945. Elle avait soixante-douze ans. Enterrée au cimetière d’Inglewood Park, sa tombe est restée anonyme durant près de soixante-quinze ans. Des fans se sont alors mobilisés pour offrir une pierre tombale à celle qui incarna avec talent et panache la première grande méchante des studios Disney.

La filmographie

001
Actrice : Madame Norton • Aventure
1932
Cinéma
1932
Cinéma
002
Actrice : Madame Casque d’Or • Drame
1932
Cinéma
1932
Cinéma
003
Les Enfants des Bois
Actrice : La Sorcière • Animation 2D
1932
Cinéma
1932
Cinéma
004
L'Arche du Père Noé
Actrice : La Femme de Noé • Animation 2D
1933
Cinéma
1933
Cinéma
005
Actrice : Kelly Hatfield • Drame
1933
Cinéma
1933
Cinéma
006
Actrice : Mrs. Wilson • Drame
1933
Cinéma
1933
Cinéma
007
Actrice : Joice Heth • Comédie
1934
Cinéma
1934
Cinéma
008
Blanche Neige et les Sept Nains
Actrice : La Reine Grimhilde • Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
009
La Belle au Bois Dormant
Actrice : Le Cri de Mort de Maléfique • Animation 2D
1959
Cinéma
1959
Cinéma

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