Echec au roi est le cinquième
film "live" des studios Disney à ne disposer d'aucune animation. Walt Disney,
toujours enclin à valoriser le moindre dollar, a en effet l'idée, en ces
temps de disette financière caractéristique de l'après-guerre, d'utiliser
des fonds datant des années sombres et bloqués en Angleterre, pour réaliser
des films au Royaume-Uni. Ne disposant d'aucun animateur britannique
chevronné, il décide de produire tout simplement des films "live" et se
lance dans le genre, dès 1950, avec L'île au trésor. Succès commercial
aidant, il renouvelle l'expérience deux ans plus tard, en adaptant un autre
classique d'aventures de la littérature anglaise.
Robin des bois et ses
joyeux compagnons était né et consacrait, pour la première
fois chez Disney, une équipe totalement britannique, jusqu'au réalisateur du
long métrage, Ken Annakin. L'année d'après, avec
La rose et l'épée, il signe un
troisième film du même réalisateur .
Echec au roi, sorti en 1954, constitue donc
la quatrième production britannique des studios Disney. Le film est une
merveilleuse adaptation d'une légende britannique. Robert Roy MacGregor (7
mars 1671 – 28 décembre 1734), communément appelé Rob Roy, est en effet un
héros populaire écossais. Hors-la-loi du début du XVIIIe siècle, il est
ainsi un brigand des Highlands, connu pour être le Robin des Bois écossais.
D’abord trafiquant de bétail, il devient, il est vrai, bien vite lui même
éleveur et vend sa protection à ses voisins contre les autres voleurs de
troupeau. Si la légende de Robert Roy MacGregor a inspiré le roman Rob
Roy de Sir Walter Scott, la version disneyenne livre elle une version
très libre de l'histoire.

Ken Annakin, une fois encore, prend les rênes de
l'adaptation. Du moins essaie t'il ! Le studio britannique, avec lequel il
était sous contrat, le rappelle en effet à l'ordre et le contraint à
abandonner le projet. Ni une, ni deux : le réalisateur Harold French reprend
le flambeau. Le spectateur, lui, ne voit pas de différence tant le style des
deux hommes est très proche l'un de l'autre. D'ailleurs, le casting est là
pour le rassurer puisqu'il utilise, pour l'essentiel, des acteurs déjà vus
dans les productions précédentes. Richard Tood campe ainsi un fabuleux Rob
Roy, Joan Rice, une superbe Helen Mary, James Robertson Justice, un
attachant Duc d'Argyll sans oublier Michael Gough en détestable Duc de
Montrose. Tous les personnages du film, à l'exception de ce dernier, sont
ambivalents, tout en nuances, entre le blanc ou le noir et le bon ou le
mauvais.
Echec au roi, en dépit de sa grande
capacité de divertissement, est un échec tant commercial que critique.
Rapidement tombé dans les affres de l'oubli, il a, en réalité, la grande
vertu de convaincre Walt Disney de la capacité de ses studios californiens
de Burbank à réaliser, sur place, leurs propres films "live". Grand bien
lui en fasse puisque le coup d'essai sera un coup de maître avec le chef
d'œuvre :
20 000
lieues sous les mers.