Les studios
Disney considèrent à l'évidence l'ours comme un excellent filon, au regard du
nombre de leurs productions qui lui est consacré, à divers degrés. Il apparaît
en effet dans tous les formats : le moyen-métrage cartoon, en 1947 avec
Bongo, roi du cirque inclus dans
Coquin de Printemps, le
documentaire, en 1953 avec
Au Pays des Ours, le moyen-métrage
"live", en 1963 avec
Tribulations de Deux Oursons, le film "live", en 1970
avec
Le Roi des Grizzlis
sans oublier, en 2003, le long-métrage d'animation
Frère des
Ours et sa suite pour le marché de la vidéo,
Frère des Ours 2,
en 2006.
Mes amis les ours, produit en 1974, fait bien sûr partie de cette
collection mosaïque. Il s'inscrit d'ailleurs, à l'exemple de
Charlie, le Couguar
ou
Nomades du Nord,
dans la plus pure tradition Disney des docu-fictions, axés sur l'amitié de
l'homme et de l'animal et leur communion avec la nature. Rien d'étonnant dès
lors à y voir la faune et la flore remarquablement filmées et des oursons,
attendrissants à souhait, exploser littéralement leur capital sympathie.

La particularité de Mes amis les ours repose en fait sur un tout
autre registre. Le film contient, en effet, pour la première fois chez Mickey,
un message ethnique fort, là où jusqu'à présent, le studio se contentait d'une
universalité devenue règle. En s'attardant, via le regard neutre de Bob, sur le
conflit entre l'Etat blanc et les tribus indiennes, le récit comporte, il est
vrai, un discours bien plus étoffé qu'il n'y parait aux premiers abords, en
appuyant précisément sur l'incroyable obstination et obstruction des deux
parties.
Long métrage à la fois militant et divertissant, Mes amis les ours
se laisse suivre avec plaisir.