La collection Walt Disney's Legacy propose des compilations d'œuvres
réalisées ou initiées du vivant de Walt Disney. Elle couvre tous les genres et
formats : des longs-métrages aux courts-métrages, documentaires, cartoons et
épisodes télé. S'inscrivant dans la droite ligne des Walt Disney Treasures,
elle propose ainsi un panel complet des talents de conteur et de producteur du
papa de Mickey.
Passionné de flore et de faune, Walt Disney peut être considéré comme le pionner
du documentaire animalier grand public. Dès 1948, il met, en effet, en chantier
la collection des True Life Adventures dont les courts et longs-métrages
seront multi-oscarisés. Cette série, inaugurée avec le mini documentaire,
L'île aux
phoques, constitue d'ailleurs la première véritable incursion
de la compagnie au château enchanté dans la production de films "live". Elle
comporte un total de sept courts-métrages avant de s'ouvrir, en 1953, avec
Le désert vivant au format des
longs-métrages. Ce dernier devient, à partir de cette date, la norme de
production des True Life Adventures et concerne, au final, six œuvres.
Le troisième volume de la collection des True Life Adventures se consacre
logiquement à une magnifique série de documentaires. Il présente ainsi quatre
pépites du genre dont un a été récompensée par un Oscar : les courts-métrages
Le Seigneur de la Forêt et
Au
Pays des Ours et les longs-métrages
Lions d'Afrique et
Le
Jaguar, Seigneur de l'Amazone. Il est assurément un
condensé du savoir faire des studios Disney dans le genre du documentaire
animalier.
La série des True Life Adventures n'aurait à l'évidence jamais atteint un
tel niveau de qualité sans les photographes naturalistes, Alfred et Elma Milotte.
Walt Disney, grand passionné de flore et de faune devant l'Eternel, les
embauche, en effet, en 1948, à des postes de simples documentaristes. Très vite,
pourtant, le Maitre, enthousiasmé par leur talent, leur confie une mission
innovante : un tournage en Alaska. L'idée s'avère fameuse... L'analyse de la
banque d'images ramenée du continent gelé impressionne, il est vrai, énormément
le papa de Mickey. Il s'arrête plus précisément sur des séquences consacrées aux
phoques et demande alors au couple de cinéastes de se concentrer dessus en les
expurgeant de toute présence humaine, en particulier les autochtones. Sans le
savoir, le tout premier court-métrage de la série des True Life Adventures est mis sur les rails.
L'île aux
phoques est né et se voit récompensé d'un Oscar. Le succès
de la collection naissante aidant, Alfred et Elma Milotte se mettent à parcourir
le globe à la recherche d'images, toutes plus exceptionnelles les unes que les
autres. Le périple du couple à travers le monde dure jusqu'à 1960. Alfred et
Elma Milotte apprécient de travailler pour Walt Disney. C'est d'ailleurs avant
tout l'homme qu'ils aiment avant même la Compagnie qui les emploie. Ils ont, il
est vrai, la chance d'avoir, pour seul interlocuteur, le papa de Mickey. Une
grande complicité se noue entre les trois au point de ne travailler que sur le
seul capital confiance. Le "patron" ne donne ainsi jamais aucune directive ni
aucun conseil, tandis que les "employés" ne déçoivent jamais. Une véritable
machine de guerre est en marche. Le seul mot d'ordre, partagé de tous, est la
recherche de la qualité au service des images les plus étonnantes. Aucun endroit
de la planète ne doit être négligé. Une pluie d'Oscars couronne la carrière des
Milotte chez Disney. Plusieurs de leur travaux sont, en effet, hautement
distingués, dont La
Vallée des Castors,
Au
Pays des Ours ou
La Terre, Cette Inconnue. L'apogée
de leur talent se trouve sans aucun doute dans les productions tirées des trois
ans passés en Afrique dont le merveilleux film
Lions d'Afrique révèle
l'exceptionnelle beauté.
En dehors des documentaires, le troisième volume de la collection des True
Life Adventures propose, également, un autre fabuleux trésor : deux épisodes
télé de l'émission
Disneyland.
Ces derniers, au delà même de leur contenu, démontrent, s'il en était encore
besoin, l'incroyable capacité de Walt Disney à être visionnaire. Il est en effet
convaincu, avant bon nombre de ses confrères producteurs, du grand pouvoir du
média de masse naissant qu'est, alors, le petit écran. Comptant bien sûr y
imposer sa marque, il construit une émission populaire, toute entière consacrée
à de l'autopromotion déguisée. Dès lors, la publicité des futurs longs-métrages
du studio de Mickey (ici
Lions d'Afrique) est
assurée par le biais de making-of dévoilant leurs secrets de réalisation. Les
reportages ainsi obtenus, à l'exemple de Cameras in Africa, d'une
durée approximative d'une demi heure, se voient, d'ailleurs, couplés avec des
courts-métrages préalablement sortis sur grand écran. Il utilise le même procédé
pour raconter les méthodes de production d'un film : The Yellowstone Story
révèle ainsi les secrets de fabrication du court-métrage
Au
Pays des Ours, proposé tout de suite après.