Le
Noël de Mickey est une adaptation d'un classique de la littérature
anglaise signé du célèbre écrivain Charles Dickens. Issu d'une famille
modeste, ce dernier a beaucoup souffert, dans sa jeunesse, de sa situation
sociale. Il parvient néanmoins à mener des études qui le conduisent, pour
son premier poste, à entrer dans un cabinet juridique. Poussé par la grande
curiosité intellectuelle qui le caractérisera d'ailleurs toute sa vie, il
fréquente assidûment les salles de lecture. Employé ensuite comme
sténographe dans une revue, il fait ses premiers armes d'écrivain et ne
tarde pas à créer l'évènement. Il signe ainsi, en 1837, Les Aventures de
M. Pickwick, vite reconnu comme un chef-d'œuvre de l'humour anglais. Le
succès lui souriant, il partage dès lors sa vie entre la littérature et les
voyages. Il meurt ainsi, riche et célèbre, à cinquante-huit ans. Ecrivain
engagé, Charles Dickens a su concilier tout au long de sa vie - grâce à un
talent de conteur indéniable - une féroce condamnation de la misère et de
l'exploitation industrielle avec une description toujours juste et emplie
d'humour de la vie quotidienne. Ses personnages caractéristiques et ses
œuvres inoubliables (Oliver Twist, David Copperfield ou Un
chant de Noël) ont fait de lui une figure centrale de la littérature
anglaise du
XIXe siècle.

L'origine du moyen-métrage Le Noël de Mickey remonte à 1974.
Cette année-là, Walt Disney Records sort dans les bacs un disque du conte de
Charles Dickens. Dans cet enregistrement, les personnages légendaires des
grands films d'animation et des cartoons Disney tiennent les rôles
principaux. Mickey est ainsi Bob Cratchit, Dingo, Jacob Marley,
Merlin,
le fantôme des Noëls passés et la sorcière de
Blanche Neige et les sept nains, le
fantôme des Noël futurs. Tout naturellement, Picsou assume Ebenezer Scrooge,
juste retour des choses puisque Carl Barks, créateur du personnage pour la
bande dessinée, s'est inspiré à la base de celui de Dickens pour lui donner
naissance. Il lui a même attribué une partie de son nom, Picsou arborant en
anglais le patronyme de Scrooge McDuck.
Le disque rencontre un vif succès aussi bien auprès du public que des
animateurs maisons des studios Disney. Un de leurs vétérans, Burny Mattinson,
tombe littéralement sous le charme de l'histoire de Charles Dickens et
souhaite marquer, avec elle, le grand retour de Mickey au cinéma, absent du
grand écran depuis sa dernière apparition en 1953 dans le cartoon
Mickey à la plage. En 1981, Ron Miller, mari de l'une des filles de
Walt Disney, mais également président des studios de feu son beau-père,
valide le projet. Le travail d'adaptation est alors mis sur les rails. De
nombreux jeunes artistes se consacrent au moyen-métrage et vont, pour la
plupart, se faire la main sur ses personnages légendaires. Parmi eux, se
trouve Glen Keane, le fabuleux animateur de
Tarzan
qui s'occupe ici de Dingo et de Willie le géant.

Pour parfaire l'adaptation, le réalisateur s'inspire d'une autre production
mettant en scène Mickey. Mickey et le haricot magique, extrait
de
Coquin de printemps, sert, en
effet, de modèle, notamment pour son rythme. De nombreux personnages le
composant sont aussi mobilisés, tels Mickey, Donald, Dingo, Willie le géant
et Jiminy Crickett (qui remplace, par rapport à la version audio, Merlin en
tant que fantôme des Noëls passés). D'autres, Crapaud Baron Têtard et ses
compagnons, proviennent eux de La mare aux grenouilles tiré du
(Le) crapaud et
le maître d'école et renouent ainsi avec le cinéma.
Enfin, tout le catalogue Disney est mis a contribution : Pat Hibulaire
assume, en lieu et place de la sorcière de
Blanche Neige
et les sept nains, le rôle du fantôme des Noëls futurs,
Daisy endosse, elle, le personnage d'Isabelle, l'amour perdu d'Ebenezer
Scrooge et Minnie, celui de la femme de Bob Cratchit. Riri, Fifi et Loulou,
Tic et Tac, Clarabelle, Horace, Gus font aussi partie de l'aventure tandis
que Grand-mère Donald effectue, pour le film, sa seule et unique apparition
cinématographique de tous les temps.
Au delà de ces considérations, Le Noël de Mickey partage un
autre point commun avec Mickey et le haricot magique, et, au
delà,
Coquin de printemps. Le
long-métrage avait, il est vrai, marqué à l'époque le passage de relai entre
Walt Disney et Jim Macdonald dans le doublage de Mickey. Le moyen-métrage
voit, lui, le flambeau changer de main entre Jim Macdonald et Wayne Allwine,
un assistant bruiteur, qui devient ainsi la troisième voix officielle de
l'ambassadeur Disney au cinéma (Il assurait, en fait, déjà la prestation
vocale dans les parcs à thème). Wayne Allwine est toujours aujourd'hui en
activité.

Le Noël de Mickey reçoit un accueil exceptionnel du public qui
réserve à l'œuvre rapidement un rang de film culte. Il est vrai qu'elle
réunit tout le savoir faire Disney et offre à Mickey l'autre rôle mythique
de sa carrière, après celui de L'apprentie sorcier dans
Fantasia. Le charme et l'émotion
sont omniprésents tandis que les personnages explosent littéralement leur
capital sympathie. Les fans saluent, quant à eux, la réunion de toutes
"leurs stars" dans des conditions optimales. Même les professionnels du
cinéma déposent, un temps, leurs armes en accordant au dessin animé une
nomination pour l'Oscar Meilleur Court-Métrage qu'ils ne transforment
toutefois pas, en refusant finalement de lui attribuer la fameuse statuette.
Réelle pépite, Le Noël de Mickey est un classique des studios
Disney à partager, chaque année, en famille, en vrai rituel.
A noter :
Aux Etats-Unis, le moyen-métrage a été diffusé en première partie d'une
ressortie de
Les Aventures
de Bernard et Bianca.